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Alifbata

Alifbata

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Alifbata
(Belgique, Balkans, Syrie, Irak, Inde)

À l’origine, il y a deux projets, Alefba, en lien avec le Moyen-Orient, et Aka Balkan Moon, qui est connecté avec la musique des Balkans et plus particulièrement avec la musique bulgare, mais qui touche aussi aux différentes traditions roumaines, grecques, serbes, et à celle, particulière, de Budapest.

Artistiquement, ce qui se passe dans les Balkans, dans les mondes arabes et au Moyen-Orient est immense et nous oblige à opérer des choix. Ces deux projets ont progressivement fusionné jusqu’à devenir Alifbata, parce qu’il me semblait alors nécessaire d’ajouter une lettre – alef et ba sont les deux premières lettres de l’alphabet arabe, ta est la troisième. Le projet s’est étendu avec la présence de Zila Khan, chanteuse musulmane soufie, née à Calcutta, en Inde.

La présence de cette artiste est importante, pour moi, parce qu’elle apporte une vision féminine de sa culture, une vision universelle également, grâce au soufisme, mais qui diffère de celle que les gens s’en font traditionnellement. Cela me semble particulièrement important en ce moment, considérant cette forme d’amalgame, de catégorisation un peu facile qui se développe partout. En partant du Moyen-Orient, donc,nous arrivons jusqu’en Inde. Quand on travaille dans une approche multiculturelle, il est important de pouvoir créer le plus de connexions possibles et de connaître l’histoire de ces connexions. Alefba a été créé dans le grand tumulte des « Printemps arabes ».

Dès le début du projet, la dualité du A et du B a permis d’exprimer deux aspects très importants, à mes yeux. Il y avait tout d’abord un espace où les musiciens pouvaient exprimer librement leurs émotions sans qu’un compositeur occidental vienne imposer une forme ou une manière de faire. C’est ce que j’ai appelé le A, un espace d’expression émotionnel qui, par sa dimension très vocale, se rapproche du requiem. Le B, c’est totalement l’inverse, c’est une fête qui joue avec tous les ingrédients de la musique arabe, qui se tient en dehors de toute dimension politique et sociale. On est dans l’esthétique, le jeu, le plaisir musical. L’idée de connecter le monde arabe avec le Moyen-Orient et avec les Balkans me semble, somme toute, assez naturelle. Les différentes vagues de migrations humaines ont transformé, façonné la musique et l’art : quand on confronte des chants bulgares à des chants classiques arabes, les chants bulgares peuvent sonner comme des chants marocains. Ce parallèle, qui permet une interpénétration, un rapprochement, relativise les sonorités et, avec elles, les identités culturelles. Ça devient une grande chaîne dont toute la complexité reste à découvrir avec Alifbata, dont la première a lieu à Marseille. Fabrizio Cassol


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Projets

Alifbata - tournée en mars / avril 2018
Fabrizio Cassol ( saxophone ), Michel Hatzigeorgiou ( basse ), Stéphane Galland ( batterie )
Tcha Limberger ( violon, voix ), Zila Khan ( voix ), Nedyalko Nedyalkov ( kaval ), Tima Nedyalkova ( voix ), Khaled El Hafez ( voix ), Amir El Saffar ( trompette, santour, voix ), Khaled Aljaramani ( oud, voix ), Emmanuel Baily ( guitare )

CréditsAgence Oui