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Paolo Fresu - A Filetta - Daniele Di Bonaventura

Paolo Fresu - A Filetta - Daniele Di Bonaventura

Paolo Fresu - A Filetta - Daniele Di Bonaventura

Origine : Sardaigne & Corse
Line-up : Paolo Fresu / trompette - A Filetta / vocal - Daniele Di Bonaventura / bandonéon
Divers : nouvel album "Danse, Mémoire, Danse" en sept 2018

Voix, trompette et bandonéon à nouveau entrelacés pour que corses et italiens, ensemble, célèbrent de lumineux penseurs ayant largement contribué à forger l'identité et l'histoire mouvementée de nos territoires.

Octobre 2006, « l'aghja », un petit théâtre ajaccien fête ses 20 ans. Pour l'occasion, Francis Aiqui, son directeur, metteur en scène et passionné de jazz, décide de réunir jazzmen et polyphonistes corses : c'est la rencontre entre A Filetta d'une part et Paolo Fresu, André Jaume, Daniele di Bonaventura et Philippe Biondi ; Un vrai coup de foudre qui donnera naissance au projet « Mistico mediterraneo » (A Filetta/P.Fresu/D.di bonaventura) ayant fait l'objet d'un enregistrement édité, début 2011, par ECM.

Après ce succès et quelques dizaines de concerts, tous décident de poursuivre la route commune. Cette fois il s'agit d'un travail musical et vocal intitulé « Danse, Mémoitre, Danse » qui aura pour thème les regards croisés de deux hommes, deux insulaires, deux êtres d'exception ayant marqué le 20 ème siècle : Aimé Cesaire, écrivain, poète, dramaturge d'origine martiniquaise et Jean Nicoli, enseignant, résistant, exécuté en 1943 à Bastia par l'occupant fasciste italien. En commun, ces deux hommes ont leur engagement politique, leur humanisme notamment à travers leur jugement sur le colonialisme.

nouvel album en septembre 2018 - Grand Prix Académie Charles Cros.


Biographie

Que peuvent bien avoir en commun Aimé Césaire, immense poète et dramaturge figurant au Panthéon des personnalités ayant fait le XXème siècle, homme politique important (maire de Fort-de-France et député de Martinique durant de longue années) formé aux grandes écoles de la République et Jean Nicoli, modeste instituteur ayant enseigné dans le Haut-Sénégal (l'actuel Mali) à la fin des années 20 avant de rentrer en Corse pour y devenir l'un des chefs de la résistance durant la seconde guerre mondiale ?

Tous deux sont insulaires, attachés à leur terre natale, et homme du refus : ils rejettent très clairement le colonialisme et les souffrances infligées aux plus faibles. L'un est le descendant d'esclaves africains et l'ardent défenseur du concept de « négritude » qu'il invente, l'autre est révolté par le sort que subissent les populations africaines au nom du « progrès » et de « l'œuvre civilisatrice » du colonialisme. Tous deux aiment passionnément l'Afrique.

Communistes, ils dénoncent les méfaits du capitalisme qui broie hommes et civilisations. Le moment venu, ils s'engagent contre le fascisme et le nazisme et défendent inlassablement leurs idées ; « L'idée, cette mouche importune » écrira Césaire dans son « discours sur le colonialisme ».

A ses enfants, Jean Nicoli exécuté le 30 août 1943 par l'occupant fasciste, laissera ces quelques mots admirables : « ...A quatre heures je vais être fusillé. Ayez en face de vous Papa heureux et souriez fièrement dans la rue et surtout pas de deuil. Dites-le à tout le monde. On ne porte pas de deuil pour un père qui meurt comme je meurs pur et ruiné. Je meurs pour la Corse et pour le parti. Comme deuil vous porterez tous les deux une belle tête de More et un gros œillet rouge - toujours une tête de More qui ne ressemble à celle de personne, car nul n'aura le droit de la porter comme la vôtre ».

Si nous avons décidé, dans notre prochain spectacle de rapprocher ces deux penseurs lumineux empreints d'humanisme, c'est tout simplement pour rappeler encore et encore que derrière la grandeur de ces hommes que l'on se plaît à célébrer pour leurs engagements et leur sacrifice, il y a l'idée pour et par laquelle ils vivent et meurent : celle d'un monde plus juste, plus libre, plus respectueux des différences, plus équitable et plus solidaire.

Nous avons demandé à des auteurs corses d'aujourd'hui d'être, par leur plume, à la confluence de la pensée de ces bâtisseurs que furent Nicoli et Césaire, pour nous éclairer sur leurs parcours idéologiques, philosophiques mais aussi poétiques.

Corses et italiens, polyphonistes et jazzmen, tous musiciens enracinés, voix, trompette et bandonéon contribueront à mettre en relief les idéaux mais aussi les rêves de ces « princes des nuées » en proposant une musique métissée qui n'est celle de personne précisément parce qu'elle est celle de tous.

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CréditsAgence Oui