Accueil Eté 2021 Lars Danielsson quartet
Lars Danielsson quartet

Lars Danielsson quartet

Lars Danielsson quartet

Origine : Suède

Figure de la scène suédoise depuis plus de trente ans, le contrebassiste et violoncelliste Lars Danielsson s'inscrit dans cette veine typiquement scandinave qui a placé la mélodie au cœur de la musique. Depuis le début des années 2010, le quartette Liberetto – dont trois albums sont parus chez ACT music - s'affirme comme le véhicule privilégié de ce jazz chantant et aérien, puisant aussi bien dans les traditions folkloriques du Nord que dans le baroque, la pop ou les musiques du monde.

Le contrebassiste suédois présente un nouveau volet de ses aventures en quartet, véritable sommet mélodique et rythmique de jazz lyrique. FIP

Le quatrième opus de son ensemble Liberetto est aussi beau que les précédents. Le contrebassiste et violoncelliste suédois Lars Danielsson, ancien sideman de Bill Evans ou Charles LLoyd, prouve une nouvelle fois quel grand compositeur il est, combien la justesse de son phrasé et son sens de la musicalité font merveille. Ourest France

A chaque album signé Liberetto on se dit que c'est le meilleur, et à chaque fois Lars Danielsson explose les compteurs et se renouvelle avec un charme et une délicatesse qui laisse sans voix. Paris Move

projets:

Lars Danielsson quartet - nouvel album "Cloudland" en mai 2021 chez ACT
avec Lars Danielssson (contrebasse, violoncelle), Magnus Öström (batterie, percussions), Grégory Privat (piano), John Parricelli (guitare)

Lars Danielson - Paolo Fresu

Lars Danielsson - Gregory Privat


Biographie

nouvel album "Cloudland" en mai 2021 chez ACT

Lars Danielsson - double bass, cello
Grégory Privat - piano
John Parricelli - guitars
Magnus Öström - drums & percussion

guests:
Arve Henriksen - trumpet
Kinan Azmeh - clarinet

Tout arrive à qui sait attendre. Débuté fin 2019, l'enregistrement du nouvel album de Lars Danielsson et de son projet Liberetto s'est d'abord vu brutalement interrompu par la pandémie de Covid-19. En septembre 2020, profitant d'une fenêtre de tir entre deux périodes de confinement, le contrebassiste saisit l'occasion de réunir à nouveau ses musiciens venus de toute l'Europe dans son studio non loin de Göteborg, pour mener enfin le projet à bien.

Aussi séduisant qu'accessible, "Cloudland" satisfaira toutes les attentes que l'on pouvait nourrir à l'égard de ce quatrième opus de Liberetto. On y retrouve en effet avec bonheur le mélange de « lyrisme élégant » et de « grooves infaillibles » que le critique canadien John Kelman (All About Jazz) relevait déjà dans sa chronique de leur premier disque, paru en 2011. « Je considère mes compositions comme des chansons », souligne Danielsson, dont on connaît l'attachement inconditionnel à la notion de mélodie. Peut-être une leçon apprise auprès de son tout premier professeur de musique, un organiste épris d'hymnes religieux ?

Ce qui frappe d'emblée à l'écoute de "Cloudland", c'est la richesse de la palette sonore qui s'y déploie, mêlant des couleurs déjà familières à d'autres plus inattendues. Prenez par exemple Imagine Joao, enregistré en duo avec John Parricelli : dès les premières secondes, le contrebassiste y fait résonner le thème avec une élégance et une éloquence rares, teintées d'un lyrisme dont lui seul détient le secret. Tandis que dans le final de Villstad, ce sont au contraire des sonorités rock à la tonalité héroïque qui se font entendre, dont on jurerait qu'elles proviennent d'une guitare électrique. À tort pourtant, car c'est bien en ajoutant un effet de saturation sur son violoncelle que l'alchimiste Danielsson est parvenu à ce surprenant résultat. Autre nouveauté : l'utilisation d'un instrument à cinq cordes hybride, tenant à la fois de la contrebasse et du violoncelle. On l'entend pour la première fois dans le titre d'ouverture Vildmark, joué à l'archet, puis à nouveau sur Tango Magnifique, cette fois en pizzicato. « Il s'agit d'un instrument recréé d'après un modèle du XVIIIe siècle, explique l'intéressé, et outre le fait qu'il est très beau visuellement, il est doté d'une sonorité merveilleuse. À travers lui, je peux vraiment chanter ! »

Depuis le temps où il faisait partie du groupe de Trilok Gurtu, dans les années 90, Danielsson aime à explorer les potentialités des rythmes impairs. Un travail qu'il poursuit ici, sans jamais pour autant perdre de vue la puissance émotionnelle de la musique. « Si ça sonne naturellement, peu importe la métrique. » Une philosophie parfaitement illustrée par le morceau éponyme de l'album, dont la mesure à 17 temps se déploie en un ballet léger et aérien, au-dessus duquel plane le chant reconnaissable entre mille de la trompette d'Arve Henriksen. Autre invité de marque, le clarinettiste syrien Kinan Azmeh signe sa première participation à un album de Liberetto. Musicien d'une rare polyvalence,ce dernier mène des activités qui vont du Silk Road Ensemble de Yo Yo Ma jusqu'à des travaux de composition pour le New York Philharmonic. Plage calme et recueillie, Intermezzo met en valeur aussi bien sa chaude sonorité qu'un don du phrasé qui confine à la poésie.

Quant aux autres musiciens, cela fait maintenant une décennie qu'ils sont familiers de cet univers musical, et "Cloudland" révèle toute la joie qu'ils ont pu ressentir en s'y adonnant une nouvelle fois de concert, chacun apportant sa pierre à l'édifice. Sur River of Little, le pianiste français Grégory Privat énonce le thème avec une précision millimétrique, ce qui ne l'empêche pas d'ouvrir ensuite le champ vers tous les possibles de l'improvisation, au fil d'un solo regorgeant de liberté et d'imagination. L'album révèle également les talents multiples du guitariste britannique John Parricelli, des cordes nylon délicatement caressées sur Tango Magnifique jusqu'au final électrisant de Desert of Catanga. Quant au batteur suédois Magnus Öström, la richesse de timbres et de textures qu'il déploie sur la ballade Nikita's Dream est tout simplement à couper le souffle.

Au-delà de la beauté des introductions, c'est aussi dans l'art si difficile de conclure les morceaux que le groupe révèle toute sa maestria. Écoutez par exemple la parfaite décontraction avec laquelle il négocie le léger ralenti final de Cloudland, ou encore les mystérieuses dernières mesures de Sacred Mind, ou même la fin nette et précise de Desert of Catanga. Autant d'exemples qui témoignent aussi du travail soigné et réfléchi mené en harmonie par un triumvirat de producteurs, constitué de Cæcilie Norby, Magnus Öström et Danielsson lui-même.

Finalement, ce n'est peut-être pas un mal si cet album s'est fait un peu attendre. Car après tout, ne faut-il pas du temps pour arriver à un tel niveau de maturité ?

Video

nouvel album Cloudland

CréditsAgence Oui