Accueil Saison 2019/20 Ray Lema célèbre Franco et le Tout Puissant OK Jazz
Ray Lema célèbre Franco et le Tout Puissant OK Jazz

Ray Lema célèbre Franco et le Tout Puissant OK Jazz

Ray Lema célèbre Franco et le Tout Puissant OK Jazz

Line-up : Ray Lema (piano & chant) , Ballou canta (chant), Michel Alibo (basse), Dharil Denguemo (batterie), Irving Acao (sax ténor), Fredy Massamba (piano & chant), Rodriguez Vanguama (guitares), Gérald Bantsimba (trompette), Bives Mbaki (trombone)

Ray Lema rend hommage à son aîné Franco (François Luambo Makiadi), le père de la rumba congolaise décédé il y a tout juste 30 ans.

« On rentre OK , on sort KO ! » telle était la devise de cet orchestre qui a révolutionné les musiques congolaises et fait danser toute l'Afrique.

Le Tout puissant OK Jazz a laissé des tubes que tous les Africains connaissent, « Mario », « Mamou » , « Kinsiona », que ce soit en Côte d'Ivoire , au Kenya, en Afrique du Sud ou même au Sénégal, Franco et le TP OK Jazz continuent d'être vénérés.

Pour la 13e édition du Festival JazzKiff à Kinshasa, Ray Lema célèbre Franco et son orchestre mythique. Entouré de ses deux complices vocaux Fredy Massamba et Ballou Canta, d'une rythmique musclée (Michel Alibo à la basse et Dharil Denguemo à la batterie), d'une section de cuivres (sax, trompette et trombone) menée par le Cubain Irving Acao et du jeune guitariste congolais Rodriguez Vangama, spécialiste des guitares seben qui ont fait la spécificité de la rumba congolaise, Ray Lema revisite Franco et son répertoire et nous en livre une version moderne et dynamique.

Le concert à Kinshasa fera l'objet d'un enregistrement live qui sortira en vinyle en avril 2020.


Biographie

François Luambo Makiadi, connu sous le simple nom de Franco, est né au Congo Belge en 1938. Fils d'un cheminot et d'une vendeuse de petits pains au marché, il grandit à Léopoldville, qui deviendra Kinshasa. Franco créé son orchestre en 1956 qu'il baptise l'OK Jazz. Très vite il se distingue et sa réputation franchit les frontières, on l'appelle « Le Grand Maître », le « Vénérable Yorgho » ou encore « le Sorcier de la guitare ». Il devient sans conteste un maître de la rumba congolaise, un monument des musiques africaines modernes. Il chante en lingala, en kikongo et ses tubes font danser toutes les Afriques, jusqu'aujourd'hui. Mais plus qu'un simple chanteur, Franco raconte l'histoire qui s'écrit au quotidien, il traverse toutes les turbulences d'un Congo qui veut se libérer de l'emprise coloniale de la Belgique, il chante l'espoir des indépendances avec Patrice Lumumba vite assassiné et remplacé par le Général Mobutu qui rebaptise le pays Zaïre. Griot des temps modernes, mémoire vive de son époque, ses chansons sont les témoins de la vie congolaise, il chante les amours et les déboires du petit peuple, mais il chante aussi les conflits qui déchirent l'Afrique, les héros des indépendances et des luttes anticoloniales.

Franco vit avec son temps et s'insère dans l'industrie phonographique, il monte son club, son studio et enregistre d'innombrables disques. Il voyage dans toute l'Afrique et l'Europe où il s'emploie à faire distribuer ses disques à l'international. Il passe beaucoup de temps en Belgique avec son groupe qui anime les folles soirées du quartier de Matongué à Bruxelles. Victime de son époque, Franco décède en 1989 de la maladie du sida.

Franco nous a laissé ses disques, mais il a également laissé des héritiers. À sa suite de nombreux groupes de rumba se sont créés, à tel point que la Rumba congolaise, étendard musical de la République Démocratique du Congo a entrepris des démarches pour être classée au patrimoine immatériel de l'Unesco.

Le projet :

Ray Lema : « Les jeunes musiciens africains me demandent souvent où trouver l'inspiration tout le long d'une carrière et comment durer dans ce métier où il faut sans cesse se renouveler. Je réponds toujours la même chose : travailler sans relâche et savoir admirer l'autre. Tant que l'on est capable d'admirer un autre artiste on avance, on progresse, on se remet en question et on apprend. J'admire Franco, profondément. Il nous livrait des tourneries musicales où l'on s'installait confortablement bercés par les guitares seben, subtils enchevêtrements rythmiques caractéristiques des rumbas de Kinshasa, et surtout il avait quelque chose que je lui envie beaucoup, il avait LE VERBE ! Franco nous racontait des histoires, nos histoires, nos peines, nos espérances. Franco faisait rire, pleurer, nous mettait le cœur en joie ! Sa voix puissante vous prenait, à tel point que ses chansons ont rencontré un immense succès y compris dans les pays africains où l'on ne parle ni le lingala ni le kikongo. Nous souffrons en Afrique d'un manque de mémoire. La transmission orale qui caractérise la majeure partie du continent nous joue des tours à l'heure du numérique. Notre manque d'archives en ce qui concerne la musique, écrite et enregistrée fait défaut à nos enfants, du continent, mais aussi de la diaspora. Certes, on peut trouver des images et du son sur Youtube, mais dénuées de tout contexte, toute explication et toute analyse. Récemment, dans une conférence où j'intervenais sur le sujet de la transmission, un jeune français, d'origine congolaise, rappeur bien établi en France, regrettait qu'il n'y ait plus de concerts « folkloriques » comme justement les Franco et autres groupes de rumba congolaise. Évidemment, le terme « folklorique » m'a fait sursauter ! Il classifie les musiques dans une case muséale pour ne plus en bouger, alors que pour moi les musiques ne sont jamais immobiles. Il y a toujours mille et une façons de les interpréter, de les écouter, et certaines ne livrent les mystères de leur création qu'après un processus d'analyse profond et prolongé. Mais la réflexion de ce jeune, fils d'africains mais tellement français, m'a fait réfléchir. Tous ces enfants, nés de la diaspora ne connaissent pas l'Afrique, les Afriques. La plupart n'y a même jamais mis les pieds tout en réclamant une part du continent dans leur identité.

J'ai toujours souhaité rendre hommage à nos grands musiciens. Célébrer leur génie créateur et les mettre en valeurs. J'ai ainsi choisi de célébrer Franco et le Tout Puissant OK Jazz. D'en montrer les racines, la modernité, la grâce et la sophistication. Pour moi il n'y a ni folklore, ni ancien, ni moderne. Au bout il n'y a que la musique. »

CréditsAgence Oui