Accueil Saison 2020/21 Ray Lema "on rentre KO, on sort OK"
Ray Lema

Ray Lema "on rentre KO, on sort OK"

Ray Lema

Line-up : Ray Lema (keyboards & vocal) , Fredy Massamba (vocal), Ballou Canta (vocal), Michel Alibo (bass), Dharil Denguemo (drums), Irving Acao (sax ténor), , Rodriguez Vanguama (guitars), Gérald Bantsimba (trumpet), Bives Mbaki (trombone)

Le pianiste Ray Lema, l'un des pères de la musique centrafricaine post-moderne et un pilier de la sono mondiale, rend hommage à Franco Luambo, icône de la rumba congolaise et fondateur du Tout Puissant OK JAZZ, avec "On entre KO - On sort OK" un album live qui sortira le 20 juin. 

 Le Tout puissant OK Jazz a laissé des tubes que tous les Africains connaissent, « Mario », « Mamou » , « Kinsiona », que ce soit en Côte d'Ivoire , au Kenya, en Afrique du Sud ou même au Sénégal, Franco et le Tout Puissant OK Jazz continuent d'être vénérés. « On rentre OK , on sort KO ! » telle était la devise de cet orchestre qui a révolutionné les musiques congolaises et fait danser toute l'Afrique. 

Pour la 13e édition du Festival JazzKiff à Kinshasa, Ray Lema a célèbré Franco et son orchestre mythique. Entouré de ses deux complices vocaux Fredy Massamba et Ballou Canta, d'une rythmique musclée (Michel Alibo à la basse et Dharil Denguemo à la batterie), d'une section de cuivres (sax, trompette et trombone) menée par le Cubain Irving Acao et du jeune guitariste congolais Rodriguez Vangama, spécialiste des guitares seben qui ont fait la spécificité de la rumba congolaise, Ray Lema revisite Franco et son répertoire et nous en livre une version moderne et dynamique.

Le concert à Kinshasa a fait l'objet d'un enregistrement live qui sortira en vinyle & cd en juin 2020.

liberation Figure de la scène congolaise, Ray Lema ressuscite et transfigure le répertoire de cette légende locale, chroniqueur du petit peuple. Echos de concerts enfiévrés où le public se réapproprie tout un pan de son patrimoine musical... lire l'article de Jacques Denis / Libération

liberation Ray, qui est né dans une gare, n’a jamais eu peur de sauter dans de nouveaux trains : surtout quand il s’entoure pour l’accompagner d’une pléiade de musiciens plus talentueux les uns que les autres. Il fallait un Michel Alibo pour faire swinguer les basses profondes de Franco, et Rodriguez Vangama pour la (double) guitare lead ressuscitant les machiavéliques tourneries du Grand Maître Luambo Makiadi. Le jeune musicien qui vit en Belgique, mais garde un pied à Kin mérite bien, lui aussi, le titre de « sorcier de la guitare ». Les voix de Ballou Canta et Freddy Massamba, déjà réunies sur le disque Nzimbu et associées à celle de Papa Ray faisaient elles aussi merveille, passant du lingala au kikongo, les deux langues dans lesquelles s’illustrait le plus souvent Franco. Quant aux soufflants, emmenés par le saxophoniste cubain Irving Acao (avec le Brazzavillois Mays Batsimba à la trompette et le Kinois Beevens Mbaki au trombone), ils firent exploser leurs rifs réarrangés pour l’occasion, donnant de puissants coups de fouet aux sebene ou laissant galoper leur imagination en solo. Dharil Esso, redoutable batteur, chicotait lui aussi avec fougue ces rumbas, tandis qu’au devant de la scène, assis à son clavier, trônait Mzee Ray Lema.,... lire l'article de Vladimir Cagnolari / Pan African Music


Biographie

« Notre musique fonctionne comme un GPS. C'est tout le problème de ce continent, qui a subi un lavage de cerveau par rapport à nos origines. Ces jeunes rêvent d'aller quelque part mais ils ne savent plus d'où ils sont partis. C'est pourquoi il faut écouter Franco, dont la musique est plus que jamais d'actualité. »

Ray Lema n'a de cesse de vouloir transmettre aux nouvelles générations tout le patrimoine qui a fait l'identité de son pays. Non pour en faire des pièces de musée, tel un folklore conservé dans le formol, mais bel et bien pour nourrir encore et toujours la créativité. La sienne n'est plus à démontrer à l'aulne d'une carrière cinquantenaire qui l'a vu concilier comme peu des cultures que beaucoup opposent : le savant et le populaire, l'écrit et l'improvisé, le symphonique et ladite world music, les rythmes et les harmonies, la mélodie et ainsi de suite... Lui n'entend dans tout cela qu'une chose : de la musique.

Ce dont parle à tout moment François Luambo Makiadi, dont le génie se mesure aux surnoms qui lui furent attribué : « Le Grand Maître », le « Vénérable Yorgho », « le Sorcier de la guitare »... Celui qui aura porté la rumba congolaise sur toutes les pistes de danse du continent, et bien au-delà. Ce serait néanmoins limiter le message de Franco de ne l'envisager que comme un ambianceur de première : sa musique portait la parole du petit peuple comme elle parlait des grandes heures d'une Afrique enfin libérée. Tout un chacun, la belle Kinoise comme le jaloux saboteur, se retrouvait dans cette verve qui slalomait dans les maux comme sa guitare dribblait entre les mots. Franco disait tout haut ce que tout le monde pensait.

« Après toutes ces années, la musique de Franco n'a pas pris une ride. » Ray Lema en est persuadé plus que jamais, lui qui tout gamin faisait le ngembo, c'est-à-dire la chauve- souris agrippée à un arbre, pour écouter le tout puissant créateur de l'OK Jazz. Chez le natif de Sona-Bata, Ray Lema entend tout autant l'immense tradition qu'il a expertisée dès les années 1970 en tant que directeur du ballet national que les intenses innovations qui ont fourni le diapason de la musique congolaise depuis, notamment le sebene, cette marque de fabrique qui fait de la guitare l'axe de sa musique, une roue rythmique.

Pour prendre l'épaisseur de ce parcours, il a choisi des faces des débuts à commencer par Nani apedalaki te et le classique d'entre les classiques Mario, à l'hiver de sa carrière, des titres taille patron dans lesquels il a bien fallu tailler. Un défi pour tout arrangeur quand on sait qu'un titre de Franco pouvait tourner des heures. Il y a ajouté son grain de sel, qui ne manque pas de pimenter cette nouvelle sauce: la section de soufflants dont les motifs écrits par ses soins tracent des lignes inédites, de nouvelles perspectives à la musique de Franco. Certains y verront là une touche jazz à la rumba. Ce serait néanmoins en limiter la portée de cette relecture, qui parvient à « moderniser » l'irrésistible groove de Franco. Disons qu'il ne s'est pas contenté d'une copie décalquée pour saluer à sa juste hauteur le talent de la rumba. Jacques Denis.

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CréditsAgence Oui