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Sylvain Rifflet Re Focus

Sylvain Rifflet Re Focus

Sylvain Rifflet Re Focus

Depuis sa découverte à l’adolescence de l’enregistrement que Stan Getz tenait pour son plus bel accomplissement, Sylvain Rifflet rêvait d’enregistrer un disque qui reprenne le format de Focus en renouvelant l’alliage ô combien réussi entre classique et jazz. Pour concrétiser cette lointaine ambition sinon inavouable du moins culottée, manquait l’opportunité que Verve seul pouvait offrir. C’est aujourd’hui chose faite !

Re-Focus” est l’un des disques-événements de la rentrée. Jazz Magazine

"Plus d'un demi-siècle après l'enregistrement du mythique "Focus", le saxophoniste Sylvain Rifflet signe "Re Focus", hommage aussi fascinant et atypique que son modèle" Jazz News

"Ces compositions ont quelque chose de ­cinématographique, on pense par ­moments à la partition de Bernard Herrmann pour Vertigo, d’Alfred Hitchcock. Re Focus marque une date dans la carrière d’un musicien toujours in­téressant." FFF Télérama

"Ce jazz qui se réinvente sans renier ses belles influences est décidément un régal pour les oreilles." L'Alsace

"Une nouvelle réussite pour l'un des musiciens français les plus créatifs de sa génération." La Croix

"Les mille et une sonorités dont l'entoure le chef d'orchestre du Sacre du Tympan définissent une cathédrale cristalline et luxueuse, écrin royal pour l'or fin et le feutre suave de son saxophone". Les Inrocks

"Re Focus" est comme son ainé : clair, précis, avec cette soyeuse profondeur de champ qui fait les beaux portraits." Citizen Jazz

"Le jeu de Sylvain Rifflet est un vrai régal d'agilité et de son maîtrisé, de lyrisme puissant et délicat à la fois. Il nous embarue et ne nous lâche plus. Un grand disque." Les Dernières nouvelles du jazz


Biographie

Depuis sa découverte à l’adolescence de l’enregistrement que Stan Getz tenait pour son plus bel accomplissement, Sylvain Rifflet rêvait d’enregistrer un disque qui reprenne le format de Focus en renouvelant l’alliage ô combien réussi entre classique et jazz. Pour concrétiser cette lointaine ambition sinon inavouable du moins culottée, manquait l’opportunité que Verve seul pouvait offrir. C’est aujourd’hui chose faite !

Tout imprégné de l’esprit et de la méthode de l’album paru chez Verve en 1961, Sylvain Rifflet présente avec Re-Focus un disque qui est, non seulement un hommage aux deux aînés qu’il admire, mais encore un fidèle reflet de son univers et une nouvelle étape de son parcours singulier.

Re-focus n’est ni un pastiche, ni une parodie, encore moins une contrefaçon. Imiter ? Revisiter ? Refaire cet album mythique où Stan Getz improvisait sur la musique écrite par Eddie Sauter pour un orchestre à cordes ? Oui, mais seulement dans la mesure où l’on peut dire que les fables de La Fontaine refont celles d’Esope ou que les tragédies classiques refont celles de l’antiquité. Nombreux sont les artistes qui, comme Sylvain Rifflet avec ce disque aussi ambitieux que personnel, usent de la réécriture pour imposer leur génie propre.

Comme en témoignent les allusions directes au concerto pour cordes, percussion et célesta de Bartók, en 1961, avec Focus, Eddie Sauter tourne momentanément le dos à Broadway pour inscrire son nom dans la lignée des "grands compositeurs classiques" en proposant une œuvre faite pour tenir sa place à côté des monuments de la musique symphonique, un genre de "vrai" concerto. Sauf que, jazz oblige, la partie dévolue au soliste n’y est pas seulement interprétée mais improvisée.

Le 20ème siècle est marqué par une nouvelle concurrence entre d’une part, les partitions auxquelles continue de recourir la majorité des compositeurs classiques et d’autre part, l’enregistrement qui est le procédé privilégié par lequel les improvisateurs laissent une trace aux générations futures. Conciliant les deux approches nullement contradictoires, Focus célèbre triomphalement, en 1961, les noces de la portée et du disque, du classique et du jazz, de la transcription sur papier et de ce que Walter Benjamin appelait "la reproduction mécanisée". Si heureux mariage ne pouvait que fasciner un musicien tel que Sylvain Rifflet qui, fort d’une Victoire de la Musique en 2016 dans la catégorie Meilleur Album de Jazz de l'Année avec Mechanics, n’a de cesse d’assumer et de revendiquer l’influence de la musique classique sur son travail.

Contrairement aux nombreux albums de jazz où l’on entend des cordes, tant sur Focus que sur Re-focus, l’orchestre est beaucoup plus qu’un clinquant tapis rouge servant de luxuriant faire-valoir aux chorus du jazzman. La partition symphonique sur laquelle improvisait Stan Getz méritait d’être écoutée pour elle-même, c’est également le cas de celle de Re-focus.

Sauf que, là où avec Focus, la répartition des rôles était claire entre Sauter, compositeur et arrangeur, et Getz, soliste et improvisateur, avec Re-focus, Sylvain Rifflet prouve une nouvelle fois l’étendue de ses talents. A la fois compositeur, interprète, soliste et improvisateur, il signe lui-même la partition extrêmement soignée sur laquelle il improvise ensuite. Là se reconnaît la pâte du compositeur qui, au fil des années, s’est affirmé comme le digne héritier des tenants de la musique répétitive tels que Steve Reich ou Philip Glass.

Pour autant, si indubitable qu’en soit la paternité, cet album n’est pas non plus le fruit d’un homme seul. Une fois la partition écrite, le compositeur a confié les arrangements à Fred Pallem, musicien avec qui il travaille régulièrement depuis des années, "excellent arrangeur qui a toujours la bonne idée", "ami avec qui existe une franchise de ton qui permet à chacun de dire à l’autre le fond de sa pensée sur la qualité de ce qu’il propose. Fred m’a apporté plus de clairvoyance, une capacité à faire le tri."

Une fois ciselés les arrangements nés de cette étroite collaboration, restait à dégoter l’orchestre le mieux à même de les interpréter. Ici intervient l’Ensemble Appassionato créé par Mathieu Herzog. Sous la bienveillante et rigoureuse supervision du compositeur et de l’arrangeur, en deux jours d’intense travail en studio, les neuf morceaux du disque sont enregistrés par ces excellents musiciens classiques aux côtés desquels s’entendent aussi deux jazzmen, Simon Tailleu à la contrebasse et surtout, à la batterie, l’incomparable Jeff Ballard.

Car, bien que Re-focus scelle l’union du jazz et d’une partition classique, Sylvain Rifflet ne va pas jusqu’à abolir la différence entre les genres : "La distinction persiste et elle s’entend très clairement sur ce disque". En quoi consiste-t-elle ? Entre autre chose, un certain rapport au tempo : "Le jeu de Jeff Ballard n’a rien à voir avec le jeu d’un percussionniste classique. Non seulement je savais qu’il ne se laisserait pas désarçonner par la présence pourtant déstabilisante d’un orchestre à cordes, mais surtout, il a cette manière très américaine, cet art inimitable de jouer un "chabada" aux balais sur une caisse claire". Ça marche ! Ou plutôt, ça cavale, ça caresse et ça fouette ! Roy Haynes ne jouait que sur la première plage de Focus, Jeff Ballard, beaucoup plus présent, contribue pour une large part à faire de Re-focus un authentique album de jazz.

Mais ce qui fait surtout de cet album situé à la croisée des chemins une vraie réussite jazzistique, ce sont les chorus du soliste. Variés, raffinés, virtuoses, lyriques, ils ont été enregistrés en studio quelques jours seulement après la partie orchestrale et finissent de convaincre que, bien au-delà de l’exercice de style ou du simple remake, ce Re-focus de Sylvain Rifflet est une œuvre forte, un superbe album qui, comme Focus, à sa manière, lui aussi fera date.

Projets

cover

Formules possibles en concert

* Sylvain Rifflet / saxophone, ensemble Appassionato (14 cordes) direction Mathieu Herzog, Florent Nisse / contrebasse, Guillaume Lantonnet / percussions,

* Sylvain Rifflet / saxophone, quatuor Appassionato, Florent Nisse / contrebasse, Guillaume Lantonnet / percussions,

 * avec un ensemble local, Sylvain Rifflet / saxophone, Mathieu Herzog / direction, Florent Nisse / contrebasse, Guillaume Lantonnet / percussions

CréditsAgence Oui